Le logiciel qui sait pourquoi votre glace sort dure

Un mix se règle sur cinq chiffres qui se contredisent : plus de sucre adoucit et ramollit, plus de matière grasse enrobe et masque, plus d'extrait sec dégraissé du lait donne du corps et sable au-delà d'un seuil. La plupart des ateliers les tiennent sur un tableur hérité d'un stage, recopié d'année en année, dont plus personne ne sait d'où viennent les coefficients.

Gramme calcule ces chiffres depuis vos matières, trace la courbe de congélation du mix, et dit à quelle température il redevient boulable. Il dit aussi quelle dénomination la recette peut porter, et ce qui lui manque quand elle ne le peut pas.

Équilibrage d'une crème glacée dans le logiciel de glacerie Gramme : sucres, extrait sec, POD, PAC et courbe de congélation

Ce qui coince, avant même de chercher un outil

La glace sort dure, et on ne sait pas quoi changer

On ajoute du sucre inverti sans savoir combien, on retire du saccharose au jugé, et le résultat se juge trois heures plus tard, à la sortie de la vitrine. Entre deux essais il s'est écoulé une demi-journée et douze litres de mix.

Les coefficients du tableur ne sont sourcés nulle part

Le pouvoir sucrant du sirop de glucose DE 40, l'anticryoscopique de la maltodextrine : les valeurs circulent de fichier en fichier, parfois fausses d'un facteur deux, et rien n'indique d'où elles viennent ni quand elles ont été relues.

La dénomination se choisit d'après l'habitude

Crème glacée, glace au lait, glace aux fruits, sorbet, sorbet plein fruit : chacune a des seuils précis, et les manquer d'un demi-point change le nom qu'on a le droit d'écrire sur le bac. Personne ne rouvre le code des pratiques loyales à chaque recette.

Le coût se calcule au litre, la vente se fait à la boule

Un mix se pèse au kilo, foisonne de trente à quarante pour cent selon la turbine, et se vend à la boule. Sans ce chemin, la marge de la boule est un chiffre qu'on répète sans l'avoir vérifié.

Ce que Gramme fait, précisément

  1. 01

    Les indicateurs du mix, calculés depuis vos matières

    Eau, extrait sec total, matières grasses dont laitières, extrait sec dégraissé du lait, sucres, pouvoir sucrant et pouvoir anticryoscopique : tout se calcule pour cent grammes de produit fini, avec les fourchettes de métier en regard. La part de la recette dont la composition est connue s'affiche : une matière non renseignée n'est jamais comptée comme un zéro, elle est nommée.

  2. 02

    La courbe de congélation, et la température de service

    Le point de premiers cristaux, la part d'eau gelée à la température de vitrine et à celle de conservation, et la température à laquelle la glace redevient boulable. Le calcul part de la loi de Raoult, et il se recoupe avec la règle publiée de Corvitto : les deux méthodes s'accordent à moins d'un demi-degré, et c'est cet accord qui les rend croyables.

  3. 03

    Chaque coefficient porte sa source

    Les profils de composition sont des données, pas une boîte noire : chaque ligne dit d'où sa valeur vient, y compris quand elle s'écarte volontairement d'une table de référence. Une composition renseignée sur votre matière prime toujours sur le profil.

  4. 04

    Les dix dénominations, et ce qui manque à chacune

    Le code des pratiques loyales des glaces alimentaires est appliqué recette par recette : matières grasses laitières, extrait sec, part de fruits, poids minimal au litre selon votre foisonnement. Gramme écrit « peut porter » et « il manque », jamais « conforme » : la désignation est réservée, et c'est vous qui la décidez.

Une vanille, lue chiffre par chiffre

Un exemple de lecture, pas une mesure prise chez quelqu'un. Il montre comment les indicateurs se lisent ensemble : un chiffre seul ne dit rien, c'est leur position dans les fourchettes qui indique dans quel sens pousser la recette.

IndicateurCe mixRepère du métierCe que cela veut dire
Extrait sec total38,4 %36 à 42dans la fourchette, le mix a du corps
Matières grasses8,1 %6 à 12correct pour une crème glacée
Extrait sec dégraissé du lait10,2 %8 à 12sous le seuil de sablage au lactose
Sucres18,6 %16 à 22dans la fourchette
Pouvoir sucrant17,114 à 20douceur maîtrisée
Pouvoir anticryoscopique26,324 à 30légèrement bas
Température de service−12,4 °Cautour de −11elle sortira un peu ferme de la vitrine

La lecture se termine sur la dernière ligne : un anticryoscopique bas donne une glace plus ferme. On le remonte en remplaçant une part de saccharose par du sucre inverti, à sucres constants pour ne pas changer la douceur, et l'écran montre la nouvelle courbe avant qu'on ait pesé quoi que ce soit. Le comportement réel dépend aussi de votre turbine et de votre vitrine.

Les modules concernés

Questions fréquentes

Gramme calcule-t-il un barème de pasteurisation ?
Non. Il n'y a ni couple temps-température, ni suivi de cycle, ni gestion de la maturation. Ce sont des points de conduite d'atelier que Gramme n'aborde pas. Il tient en revanche les relevés de température des enceintes, avec leurs bornes et le rappel des relevés manquants.
D'où viennent les coefficients de pouvoir sucrant et anticryoscopique ?
D'une table de profils tenue comme une donnée et non comme une constante : chaque ligne porte sa source, et plusieurs ont été corrigées après relecture, notamment quatre sirops de glucose et la maltodextrine qui étaient environ deux fois trop bas. Le fil qui permet de les vérifier est simple : le pouvoir anticryoscopique d'un soluté vaut 342,3 divisé par sa masse molaire.
La température de service annoncée est-elle fiable ?
C'est une estimation d'atelier, et l'écran le dit. Elle suppose un comportement idéal de la solution, et le résultat réel dépend de votre turbine, de votre foisonnement et de votre vitrine. Sa valeur est surtout comparative : elle vous dit si une recette sortira plus ferme ou plus souple qu'une autre, et de combien.
Peut-on savoir si une recette a droit au nom de sorbet plein fruit ?
Oui, et surtout ce qui lui manque quand elle n'y a pas droit. Les dix dénominations du code des pratiques loyales sont vérifiées avec leurs seuils réels. Gramme n'écrit jamais qu'une recette est conforme : il indique la désignation qu'elle peut porter, et c'est vous qui décidez de l'employer.
Faut-il renseigner toutes les matières pour que cela fonctionne ?
Non, mais l'écran vous dit ce qui manque. La part de la recette dont la composition est connue s'affiche, et les matières non renseignées sont nommées avec leur masse. À couverture nulle, aucun chiffre n'est affiché : une estimation sur des données absentes vaudrait moins que rien.

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